Dans son intervention télévisée du jeudi 5 février, le PR a avancé un certain nombre de propositions pour faire face à la crise. L'une des plus remarquées a sans nul doute été la suppression de la Taxe Professionnelle. Cette mesure, a priori réjouissante, n'est pourtant pas sans soulever quelques difficultés. Libre à chacun de se forger sa propre opinion, au vu des considérations qu'elle suscite ! La TP est perçue dans toutes les communes où l'entreprise dispose de locaux ou de terrains; son mode de calcul se base sur les investissements des sociétés. Autrement dit, l'entreprise qui utilise un équipement très longtemps peut être amenée à payer l'équivalent du prix d'achat en TP ! Fiscalement, celle-ci est acquittée par les personnes physiques ou morales qui exercent une activité professionnelle non salariée en France, même si de nombreuses exonérations existent. La TP est due chaque année et sert à financer le budget des communes, départements, des régions mais aussi des chambres de commerce et d'industrie. Aujourd'hui, force est de constater que la TP dissuade les entreprises de réaliser leurs investissements en France de peur d'être soumises à une énième taxe, au demeurant, inexistante à l'étranger. La TP est donc non seulement un frein à l'investissement mais est aussi un facteur de délocalisation. Réduire la pression fiscale pour les entreprises et rendre celles-ci plus compétitives face à leurs homologues étrangères, tels sont les bienfaits d'une pareille suppression. Subsiste néanmoins une question cruciale: comment compenser le manque à gagner pour les collectivités locales qui, ne percevant plus cet impôt, verront indéniablement leurs ressources diminuer? Le Président de la République a évoqué l'éventualité d'une "taxe carbone" sans pour autant donner plus de détails. Par ailleurs, si les communes ne tirent plus avantage de la présence d'entreprises sur leur territoire, continueront-elle à solliciter leur implantation? On peut en douter. Bref, si tout le monde s'accorde à dire que la réforme de la TP s'avère nécessaire, un certain nombre de questions restent toujours en suspens. Au final, on peut espérer que le comité Balladur, en charge de la réforme des collectivités territoriales, puisse apporter de véritables propositions en matière fiscale permettant de mettre fin à cet impôt qualifié par beaucoup d' "imbécile". Comme à son habitude, notre Président s'aventure courageusement là où ses prédécesseurs ont échoué. Une nouvelle réforme aussi délicate qu'indispensable est donc à venir ... Anthony Dodeman