La crise des dettes publiques
Alors que le spectre de la crise de 1929 reparaît, les échéances de 2012 apparaissent comme étant d’autant plus cruciales. En effet, nos concitoyens prendront par leur vote une part de la responsabilité dans la sortie de crise ou dans sa dégradation. Mais revenons à la genèse de cette 2ème crise financière…
En 2008, l’économie mondiale est secouée par la crise des subprimes, c'est-à-dire par l’attribution de crédits en tout genre (principalement immobiliers) à des gens dont on savait pertinemment qu’ils ne seraient jamais en mesure de les rembourser. En effet, l’augmentation, supposée indéfinie, du prix de l’immobilier devait garantir le risque pris…
Sauf que l’hypothèse n’était pas fondée, les prix se sont effondrés et les pertes disséminées à travers le monde entier par le biais de produits financiers, sortes de millefeuilles du risque de ces crédits. Il est intéressant de voir qu’à l’époque, les agences de notation avaient été blâmées, à juste titre, pour ne pas avoir pris la mesure du risque de ces produits. Etonnamment, en 2011, alors que ces agences tirent la sonnette d’alarme quant à la dette des états, certains politiques et médias populistes leur reprochent de faire désormais leur travail …
D’ailleurs, n’oublions pas qu’une fois de plus, les Etats-Unis, qui pressent l’Europe de s’accorder sur un plan, ont ouvert le bal de cette nouvelle crise avec un risque de dégradation de leur notation sur fond de lutte au sénat entre démocrates et républicains concernant leur fameuse « règle d’or ».
Pourquoi donc prendre soudainement conscience du problème de la dette publique ?
Le fond du problème est qu’à l’image d’une famille, d’une entreprise ou d’une collectivité locale, une bonne gestion des deniers consiste à ne faire recourt à l’emprunt que pour des dépenses d’investissement, c’est-à-dire qui produiront des effets bénéfiques à long terme.
Or, dès lors que les ressources fiscales ne suffisent plus à couvrir les dépenses courantes, les déficits publics s’accumulent depuis plus de 30 ans. Ainsi, pour éviter une asphyxie de l’économie par une augmentation de la taxation déjà très lourde, les états n’ont d’autre possibilité que d’émettre de la dette sur les marchés ce qui les soumet par le fait, au jugement de ces mêmes marchés et notamment des agences de notations. Par conséquent, le pouvoir excessif des agences de notation n’est que la conséquence logique d’un recours excessif à l’emprunt par l’Etat.
Pourtant, il paraîtrait improbable pour un ménage d’emprunter sur 25 ans pour régler son loyer, ses factures d’électricité, l’assurance de son véhicule et de la maison ou encore son ardoise chez le boulanger… et pourtant les états le font !
Au-delà de l’emballement des dépenses dû au clientélisme dont certains se sont faits les champions notamment au niveau régional, il convient aussi de reconnaître que notre déficit commercial est problématique.
En dehors de certaines niches industrielles (luxe, aéronautique, etc.), notre manque de compétitivité et d’innovation fait que nous importons bien plus que nous exportons, ce qui implique nécessairement chômage et croissance faible.
2012 : le temps des choix courageux
Si la crise de 2008 a globalement surpris tout le monde et n’est donc pas intervenue dans le débat des présidentielles de 2007, il est évident que la crise actuelle sera au cœur de le campagne.
Force est de constater au travers des primaires socialistes que la solution ne sera pas à gauche, tant le seul candidat ayant un discours réaliste fut très largement éliminé. Cela peut paraître un peu manichéen, mais l’affrontement de 2012 opposera vraisemblablement le camp de la démagogie pour faire évader chacun de sa réalité et des basses attaques pour décrédibiliser le pouvoir, contre le camp de ceux qui auront un discours de vérité.
Plus que jamais notre modèle social est menacé, non pas par les marchés financiers même si certains aspects doivent très clairement être améliorés, mais par l’irresponsabilité de ceux qui se revendiquent d’une tradition politique dispendieuse.
Nous pouvons d’ailleurs noter que les années Jospin, bénéficiant de la seule période de croissance mondiale exceptionnelle de la fin du XXème siècle, furent un acte manqué puisque si la dette ne fut pas creusée, elle n’en fut pas moins diminuée.
Suivant ce bel exemple d’inaction, le champion du Parti Socialiste a échoué en plus de 3 ans de présidence du Conseil Général de Corrèze à endiguer la dette colossale de son département. De quoi ouvrir les yeux de nombreux français quant à sa capacité à gérer notre nation…
En conclusion, nous devons nous mobiliser pour 2012 car il reviendra à chacun d’entre nous de prendre ses responsabilités et de défendre le programme de notre mouvement.
Nous devons défendre une politique qui encouragera l’esprit d’entreprise et l’innovation pour créer la croissance nécessaire mais qui devra aussi poursuivre les réformes structurelles pour diminuer les dépenses publiques. Sans quoi le principe même de solidarité auquel nous sommes attachés, et dont nous sommes finalement les véritables défenseurs, n’aura plus les moyens de subsister.
Prenons donc notre bâton de pèlerin pour que les élections de 2012 soient synonymes de victoire, certes pour notre camp, mais surtout pour notre nation.
Benoit BOULDOIRES
Conseiller municipal délégué au développement économique et aux affaires militaires